Souvenirs de langoustiers

La pêche de la langouste a joué un rôle essentiel dans le développement du port d’Audierne. En effet, alors que les autres activités de pêche avaient essentiellement pour finalité de nourrir la famille, la langouste offrait aux familles de pêcheurs des rentrées de liquidités essentielles. Découvrez dès ci-dessous ces souvenirs de langoustiers.

La pêche s’opérait traditionnellement à bord de solides de barques, « Ar Vag » en breton, embarcations non pontées mais largement gréées en voile.  Armées par 6 ou 7 hommes, elles partaient pour des marées de 2 ou 3 jours dans le sud de la Chaussée de Sein, et il était d’usage que chaque marin se signe en passant sous la chapelle Notre Dame du Bon Voyage située sur la lande juste au dessus du gîte.

Avec l’arrivée des premiers moteurs au début des années 50, le profil de construction a nettement évolué vers le sloop langoustier. Le Cap Sizun, très belle réplique d’un de ces langoustiers, fait aujourd’hui la fierté du port d’Audierne et propose tout au long de l’été des sorties à la voile en baie d’Audierne. Sloop le Cap Sizun

Grâce aux moteurs, les pêcheurs ont vu leurs conditions de travail nettement améliorées. Ils se sont également vu offrir des perspectives nouvelles de pêche, et les pêcheurs d’Audierne comme ceux de Camaret sont devenus de véritables coureurs des mers, enchaînant les campagnes de pêche dans une compétition entre marins les poussant chaque été un peu plus loin. Jusqu’en Espagne tout d’abord, puis au Portugal avant de s’attaquer à la Méditerranée, au Maroc et à la Mauritanie. Et tout ça avec des bateaux qui bien souvent ne dépassaient pas 15 mètres, et avec des motorisations d’une puissance équivalente à celle de nos tondeuses d’aujourd’hui !

Il faut imaginer ce que pouvaient être la vie des ces pêcheurs ( lieux de vie exigus, alimentation carencée…) et les conditions de traversées lorsque les tempêtes de fin de saison transformaient le Golfe de Gascogne en enfer marin. Henri, notre ami disait « nous étions jeunes, nous étions fous… » et il se plaisait à raconter comment, une fois les dernières réserves de viande consommées, il fallait se satisfaire de prélever les plus beaux grondins salés dans les barils d’appât, en attendant un hypothétique troc avec les navires portugais qui ne voyaient pas toujours d’un bon œil ces pêcheurs d’exception venir ainsi « piller » leur ressource.

De tout ceci, il est resté une belle histoire, formidablement racontée dans le premier tome du livre « Ar Vag » figurant en bonne place dans la bibliothèque du gîte.

Il y a aussi, dans le petit port de Pors Tarz, un vivier merveilleusement conservé, dans lequel étaient stockées les langoustes au retour des campagnes. Cette petite merveille est malheureusement située dans un espace privé, jalousement gardé par de hauts murs, mais en longeant l’édifice, on se fait une idée de l’ingénuosité mise en oeuvre pour exploiter les cavités naturelles de la roche.

Il y a enfin le port musée de Douarnenez dont nous vous recommandons vivement la visite. Port musée