Sur les terres des templiers

Pour nous rendre sur les terres des Templiers nous foulons les terres de Kersigneau sur la commune de Plouhinec (cf carte en bas de page). Sous nos yeux, en contre-bas la ria du Goyen déroule ses méandres. Nous nous projetons dans les premiers temps de notre ère. Les romains n’ont pas encore conquis les Gaules mais les populations locales ont probablement déjà connu le métissage des populations celtes. Là, dans la lande rase, se dressait un très bel enclos entourant 3 maisons constituées de poteaux soutenants de lourdes charpentes, le tout revêtu d’un habillage où se mêlaient clayonnage de bois, terre et tissus, et avec un  peu d’imagination nous entrevoyons hommes et femmes s’afférant autour du bétail et engrangeant des récoltes. De tout ceci, il reste bien peu de choses visibles, quelques trâces remises à jour lors de fouilles récentes que déjà la nature masque. Fort heureusement, une série de panneaux d’information en bord de chemin nous aide à interpréter les lieux.

Kersigneau possédait également son sous-terrain refuge, et parmi les découvertes intéressantes, signalons celle d’un creuset d’argile ayant servi à fondre l’or récoltée à la batée dans les ruisseaux avoisinants.   Cet établissement était doté d’un vaste enclos qui descendait jusqu’à la rivière, probablement érigé à des fins agricoles ou pastorales. Au pied du muret constituant l’enclos, plusieurs cachettes de centaines de petits galets ronds, sans doute des munitions de fronde.Le village gaulois fut plus tard doublé d’une villa romaine située un peu plus à l’ouest.

fontaine des Templiers Plogoff

En redescendant vers le Goyen, vous devrez découvrir, enchassés dans la berge, les vestiges d’une fontaine datant elle aussi des temps anciens.  Il vous faudra donc un peu de perspicacité pour découvrir cet ouvrage : débouchez sur la grève dès que celà vous sera possible, et longez la berge vers Pont Croix sur une centaine de mètres. Les sureaux constitueront un bon indice, car ces arbustes ont la particularité de prospérer aux abords des murs et sur les remblais. Perdus en pleine nature, ils trahissent la présence de sols terrassés, vestiges d’habitas anciens, mais aussi terriers de blaireau parfois.

Effectuons une courte pause, et avec un peu d’imagination, projetons nous sur l’autre berge du Goyen : le promontoire naturel surplombant l’anse de Suguensou a dans des temps anciens servi de camp retranché, et plusieurs fortifications de terre et de bois se succèdaient pour faire de cette hauteur une place inexpuniable. Toujours par la pensée, prenons la direction du village de Kervennec, où se dressait une grande et luxueuse villa romaine : trente mètres de façade, 9 salles, des thermes, de l’eau chaude jusqu’à la baignoire… Une magnifique mosaïque trouvé dans les décombres des thermes de la villa est conservé au Musée départemental breton de Quimper. Ces établissements à vocation agricoles étaient tenus par un intendants qui supervisait de nombreux fermiers.

Ces habitats traduisent une fréquentation sans discontinuité des 2 berges de la rivière sur plusieurs centaines d’années sans doute. Il est fort probable que les accumulations de sédiment dans le méandre constituaient un gué franchissable à marée basse.

calvaire du Goyen

Il est temps maintenant de reprendre notre marche et pour terminer notre circuit, reprenons le chemin vers l’aval de la rivière. Nous longeons ainsi le Goyen sur une centaine de mètres, et parvenu sur le remblais, remontons  vers la chapelle et son oratoire. Il vous faudra là aussi un petit effort pour découvrir les ruines dissimulées dans le fourré, à mi pente le long d’une portion de chemin parallèle au Goyen. La proximité du lavoir devrait vous aider, et si vous êtes accompagnés d’enfants, faites les travailler, ils sont souvent de fins limiers!

 

chapelle Goyen

En fait de templiers, il s’agit de l’ordre concurrent, celui des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. L’ensemble com

prenait une chapelle à clocher médian et arc diaphragme encore relativement préservée, des fontaines (détruites au début du 20 eme siècle), un calvaire, un oratoire, un ossuaire signalé en ruine en 1792, un

hopital signalé en ruine en 1720. La base du calvaire est encore visible, mais un frêne y a pris place. Nul ne sait s’il s’agissait d’une simple léproserie ou d’un établissement plus structuré. Le plus surprenant est que de nombreux Audiernais et Plouhinécois se promènent sur le chemin sans même soupçonner la présence de ces fabuleux vestiges.

De là, quelques minutes de marche suffiront à vous ramener à votre point de départ.

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