Sur les traces des premiers hommes

Nous vous invitons ici à une balade au travers des âges, en un périple qui vous mènera des temps les plus anciens jusqu’à l’époque néolithique, sur les traces des premiers hommes dans le Cap Sizun.

Le territoire délimité par les baies d’Audierne et de Douarnenez a en effet toujours constitué une terre d’accueil pour des populations profitant des riches combinées de la terre et de la mer.

Menez Drégan extérieur

Notre première escale nous portera à l’ère du paléolithique inférieur, vers 465.000 ans avant notre ère. Le site de Menez Drégan se présente alors sous la forme d’une grotte peu profonde prolongeant un couloir d’érosion creusé par la mer dans une zone de faiblesse du granit. Une fois sur le site, le payasage maritime est si prégnant que vous aurez bien du mal à imaginer que les hommes qui y vivaient à cette époque voyaient à peine la mer du haut de leur promontoire. Devant eux s’étirait une plaine fertile, fréquentée par les mamouths et les rhinocéros laineux sur un large espace libéré par la mer, l’eau s’étant retrouvée piégée dans les glaciers du nord de l’Europe lors des grandes glaciations.

Il s’agit d’un site exceptionnel, et la présence de l’omme est attestée en plusieurs occupations successives sur plus de 150.000 ans. On y a découvert plus de 50.000 objets, silex, dents d’éléphant, racloirs etc… Et surtout le site constitue la plus vieille référence attestée d’utilisation du feu par l’homme : un nodule ferreux trouvé dans la grotte, frotté à un silex, serait le plus ancien briquet connu de l’humanité. Le site pouvait accueillir une vingtaine de personnes, mais toutes les grottes disséminées tout au long du Cap Sizun ont pu servir d’abri aux autres familles de la même tribu.

Entre chaque campagne de fouilles, le site est aujourd’hui masqué par de lourdes plaques de tôles, mais il n’est pas de gros effort à faire pour imaginer femmes et enfants s’affairant autour de la pièce de gibier rapportée par les chasseurs.

Allée couverte de souch

Moins de 500 mètres à parcourir pour rejoindre l’allée couverte de Souch, et nous voilà projetés plusieurs milliers d’années plus tard, entre 3500 et 4000 ans J-C : les grands froids sont terminés, et sur le pays règne un climat tempéré proche de celui que nous connaissons aujourd’hui. De chasseurs-ceuilleur, l’homme est devenu agriculteur et les cerfs, sangliers et chervreuils ont remplacé éléphants et rhinocéros laineux. De petits villages de maison de bois s’égrainent tout au long du littoral. L’homme « moderne » honore ses morts, et  les pierres dressées sous vos yeux correspondent à un ensemble funéraire monumental : pas moins de 5 dolmens à couloir et chambre simple bien différenciée. Là aussi un effort d’imagination s’impose  : des dalles de couverture il ne reste presque rien, et le tout était couvert d’un cairn de pierre sèche aux dimensions spectaculaires, dépassant 90m dans son extension maximale. On accédait aux chambres funéraires par d’étroits boyaux où il fallait ramper. De nombreux objets recueillis, pointes de flèche, silex, perles en schistes et vases globuleux typiques laissent à penser que des offrandes accompagnaient les morts dans l’au-delà.

Tout prêt à Pors Poulhan, une autre belle allée couverte. Dans l’imagerie pouplaire, ces dolmens étaient les Dolmen de Pors Poulhandemeures des korrigans, gnomes particulièrement laids, tour à tour bienfaisants ou malfaisants, mais toujours terriblement farceurs. Ils possédaient des pouvoirs bien particuliers : vivant dans un monde souterrain, ils sortaient néanmoins à la tombée de la nuit, se rassemblant en cercle auprès des dolmens pour y danser. Au promeneur égaré ils proposaient des défis : en cas de succès, vous aviez toutes les chances de voir exaucer un voeu. En cas d’échec, par contre, vous risquiez fort d’être entraîné dans ce monde souterrain dont on ne revient pas. Seule parade : raconter une ou plusieurs histoires pour tenir ces lutins en haleine jusqu’au petit jour, heure à laquelle ils disparaissaient naturellement.

En d’autre lieux, les promeneurs étaient « fisiqués », et se retrouvait pendant quelques instants sans aucune notion de l’endroit ou du temps passé. Le pont enjambant l’émissaire de la vasière de Pon Pren sur la route d’Audierne à Pont Croix  s’appelle encore « pont fisique » et pas un passant de le traversait à la tombée du jour sans la crainte de se faire « lutiner ».

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