Surfcasting en baie d’Audierne

La baie d’Audierne aligne 6 km de plage de sable fin sur un linéaire de côte compris entre Pouldreuzic et la pointe de la Torche. Nous présentons quelques astuces pour le surfacsting en baie d’Audierne.

On y retrouve une configuration classique de plage à rouleaux et on y pêchera suivant deux configurations plutôt classiques, la baïne et les sorties d’eau, et dans une configuration un peu plus originale, le « synclinorium ».

Plage baie d'Audierne

En configuration de baïnes, il faudra préalablement identifier les zones de dépression caractéristiques de la baïne. La mécanique de cette hydrodynamique particulière est simple : l’eau du large, poussée par les rouleaux s’accumulent en haut de plage. La différence de niveau induit alors un courant de pente, et l’eau repart vers le large par des couloirs de quelques dizaines de mètres, creusant une ou plusiers dépressions et sinuosités sur son passage. Les poissons et les bars en particulier apprécient ces mouvements d’eau et on prospectera méthodiquement la baïne en privilégiant les dépressions parallèles au trait de côte : on lancera au centre de la baïne, mais on explorera aussi la sortie de baïne, de même que les hauteurs au delà de la dépression.

Les sorties d’eau sont tout aussi intéressantes : la baie d’Audierne est caractérisée par de nombreux étangs et réserves d’eau emprisonnées à l’intérieur du cordon de galet. Ces étangs sont alimentées par des ruisseaux prenant leur source parfois très loin dans les terres, et dont le débit parfois important réclame que l’étang se vide dans la mer. Un seul étang débouche sur la plage par un émissaire franc, au niveau de la brèche de Trunvel, mais pour l’essentiel, l’eau rejoint la mer en traversant le cordon dunaire et lesDorade Royale Baie d'Audierne résurgences apparaissent au milieu de nulle part, souvent assez loin du cordon de galets, et se repèrent à l’accumulation de microalgues vertes ou brunes couvrant le sable à marée basse en plaques de quelques mètres carrés.  La mécanique halieutique de ces sorties d’eau est un peu plus complexe : ces microalgues, des diatomées pour l’essentiel, constituent l’alimentation de base de plusieurs familles de zooplancton (copépodes, décapodes, amphipodes…) qui elles même constituent l’alimentation du lançon, des vives et des crabes blancs de rouleau (micropipus sp). Fort naturellement, les poissons carnassiers fréquentent le secteur de façon assidue, et on estime que  la production organique associée au phénomène pourrait être de plusieurs tonnes par jour au moment des pics de production planctonique. Les meilleurs secteurs se trouvent au niveau de la brèche de Trunvel, même lorsque celle-ci est obstruée, ainsi que près du concasseur, et en face de l’étang de Kergalan.

En dernier lieu, pour pêcher le synclinorium, nous devront d’abord en comprendre le fonctionnement. Dans les temps anciens, des couches de sédiments se sont accumulées en strates successives, et en fonction des pressions et des températures auquelles ces couches ont été soumises, les sédiments se sont peu à peu transformés en roches sédimentaires de différentes natures . Par la suite, ces couches se sont inclinées et affleurent aujourd’hui de façon bien visible dans le domaine terrestre et se prolongent de façon plus discrète sous la mer. Ainsi, sur la route menant au concasseur apparaissent à droite et à gauche d’anciennes carrières : à gauche, la roche est gris noir, il s’agit de micaschistes, à droite la roche est blanche, il s’agit de leptynite. Les poissons sont attirés par ces affleurements rocheux sous-marins même discrets, et les plongeurs signalent des rassemblements de poisson impressionnants autours de quelques maigres cailloux affleurant tout juste du sable. On pêchera tout particulièrement les secteurs du concasseur, ainsi que le secteur situé juste en face de la route de Keramoine où affleure cette fois un veine de pyroxénites à grenat.

grelot surfcasting

L’action de pêche elle même est assez classique : piquet de surf, canne de 4m et plus, grelots ou lumignons. On démarre d’ordinaire la pêche une heure avant la nuit, et on choisit un début de montante pour une pêche à reculer. Comme appâts, on utilisera les grands classiques, lançon (que l’on pêchera dans le port d’Audierne), encornets et seiches, coquillages, arénicoles. A noter que la baie regorge d’un tout petit coquillage, la telline (en fait 2 espèces donas truncatus et donax vitatus) ce qui attire grisets, sars et royales. Pour un essai sur la royale, on plantera une canne avec un pied de couteau entier, ou mieux encore un bibi sur un long trainard en n’oubliant surtout pas de desserrer le frein : il se pêche quelques beaux spécimens.

L’ensemble du secteur est exposé au risque de présence d’algues vertes. Si au bout de 3 minutes de pêche, vous voyez vos lignes dériver fortement sous l’effet d’un courant traversier, c’est que les algues sont là : ramasser vos lignes rapidement avant que tout soit emmelé, et partez planter vos lignes 2 ou 3 kilomètres plus loin!


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